Édition 2004

A Sephiroth, Shrek, Fu-Leng, Fortinbras, Sauron, Freezer, Magneto et les autres.

Ils sont indissociables de notre société. Ils sont omniprésents. Ils revêtent bien des formes, différentes aux yeux de chacun. Ils surgissent du néant, des entrailles du monde ou des forêts, dévorent des enfants, tournent au cauchemar des expéditions archéologiques, hantent les greniers et les maisons abandonnées, débarquent sans crier gare, en plein repas, au sein des équipages de navettes spatiales, bref, ils sont abjects. Et pour cette raison, ils ont été chassés de notre belle civilisation jusqu’à devenir des légendes dont les vestiges se voient réduits à trouver refuge dans les endroits les plus reculés du vaste monde, hantant désormais les eaux glacées des lacs écossais, les mornes plaines du Gévaudan ou le plancher sous votre lit.

Toutefois, qui peut nier l’indispensable place de chacun dans la nature ? Depuis que les monstres ne foulent plus librement la Terre, le monde a changé. Les forêts sont calmes et silencieuses, les cavernes n’abritent plus de joyaux ni de parchemins et les donjons ont grandement perdu de leur superbe. Plus de monstres, plus de trésors. Seulement des portes. Les seuls trésors restants sont abrités derrière des coffres-forts aseptisés, des lois protègent leurs gardiens des coups d’épées et les tours qui renferment le tout ne donnent pas envie d’y pénétrer. Nos plaines sont sûres et plus rien ne vient justifier l’excellente réputation dont jouit l’image des monstres suisses.

Il est temps que cela change. Car qui, durant vos longues errances dans les lointaines limbes de l’imagination, ajoutait sel et poivre au ragoût de l’Auberge du Dragon ? Qui gardait les portes, contre tout espoir, derrière lesquelles vous attendaient les myriades d’artefacts scintillants qui sont les seuls vêtements de vos paladins ingrats ? Qui aurait empêché l’infâme Gaston d’épouser Belle ? Qui tire les ficelles du monde ? Vous avez vu juste : ce sont les monstres. (Bon, c’était pas vraiment difficile aussi.) Nos amis les monstres. Le temps est venu de leur rendre justice, de les accueillir à nouveau parmi nous et chacun de vous est donc invité. Bienvenue à la Foire aux Monstres ! Bienvenue à Orc’idée 2004 !